Tival

Alors qu’aujourd'hui, tout le monde connaît l’Espace Tival pour sa salle de spectacles de renommée, les Sheds, les services municipaux, la police et le CRA qu’il accueille en son sein, peu de Kingersheimois savent que ce site recèle plusieurs centaines d’années d’histoire passionnantes...

En 1792, le Département du Haut-Rhin cerne Mulhouse, territoire encore étranger, d’une ligne de douane afin de l’étouffer économiquement. Un bureau de douane est établi dans le corps de garde, au carrefour des rues d’Illzach, de Ruelisheim et de la place de la Réunion.

Il se raconte que la cave du château était reliée à celle des châteaux de Wittenheim et d’Illzach par des souterrains… Si cela n’a jamais été vraiment vérifié, il est avéré qu’après Waterloo, le 18 juin 1815, au moment où les puissances étrangères (notamment la Prusse et l’Autriche) envahissaient la région, et où de nombreuses troupes arrivaient à Mulhouse et Kingersheim, le château fut transformé en caserne et occupé par un escadron de hussards autrichiens jusqu’en octobre 1818.

Une production textile de renommée

A la fin du 19e siècle, on y implante le premier bureau de poste de Kingersheim, dans la conciergerie de l'usine qui donne sur la place de la Réunion. Mais c’est surtout dans le domaine de l’activité industrielle textile que le domaine se construit une réputation. La société Weiss & Fries s'installe en 1899 dans l'ancien château de Kingersheim et la légende des Indiennes mulhousiennes s’y ébauche.
A son apogée, ce sont plus de 800 personnes qui travaillent dans l’usine et ses productions sont alors connues et vendues dans le monde entier dans des boutiques de mode à Londres, Paris et Vienne.

Dans les années 1920, les ateliers attenants à l’ancien "château", dans lesquels a été réaménagé l’Espace Tival, sont le théâtre d’opérations d’impression sur étoffes et les graveurs de l’entreprise kingersheimoise sont réputés. Gillet-Thaon est alors propriétaire de l'usine.
Renommée dans toute l'Europe, elle est la seule en Alsace à posséder une machine à moirer le tissu*. Elle sera par la suite exploitée par Tival, Snip, Sincotex et Seritex avant de cesser définitivement son activité industrielle dans les années 1960.

Plusieurs incendies ont ensuite détruit partiellement le site jusqu’au plus important, celui, criminel, de juin 1989 qui restera dans les mémoires.

* Etoffe ayant subi un apprêt qui lui donne un éclat changeant et une apparence ondée.