Eselacker

La décharge d'ordures ménagères exploitée dans les années 60 par la Ville de Mulhouse et à l'origine d'une pollution des eaux et sols du site Eselacker fait l'objet depuis près de 20 ans d'analyses par les services de l'Etat. Les conclusions de ces études sont aujourd’hui connues et un plan d'action à moyen terme a été fixé par la Préfecture du Haut-Rhin.

Une décharge autorisée, mais progressivement détournée de sa vocation initiale

Situé sur le ban communal, le site Eselacker a légalement accueilli pendant dix ans, de 1959 à 1969, les déchets ménagers des communes périphériques, sur la base d’une autorisation d’exploitation délivrée à la Ville de Mulhouse par arrêté préfectoral.

En l'absence d'une gestion réelle au niveau intercommunal (pas de bordereau de suivi), ce site a toutefois progressivement représenté l'opportunité pour les communes et industries locales d'un dépôt non contrôlé de déchets d'origines diverses, qui restent pour certains non identifiables.
Une utilisation dévoyée de la décharge qui a eu pour conséquence des désordres nombreux, tels que la contamination de puits privés, la présence de gaz dans les sols, des tassement de terrains, la présence de déchets d'origine industrielle et hospitalière sur le site et les parcelles avoisinantes. Aujourd’hui, le site Eselacker subit une pollution avérée de ses sols et de ses eaux souterraines, notamment par des pesticides, des hydrocarbures et des polluants divers.

Un site étroitement surveillé

Au terme de l’activité de la décharge, un premier diagnostic a permis d'appréhender l’impact des dépôts durant cette période. D’après les estimations des experts, 800 000 m3 de déchets ont été enfouis sur 7 mètres de profondeur.

A la faveur d’un inventaire réalisé en 2000 dans le cadre du programme de résorption des décharges en France, la préfecture du Haut-Rhin a mis en demeure la Ville de Mulhouse de faire évaluer de manière objective le niveau de pollution sur ce terrain (diagnostic initial et approfondi, étude détaillée des risques, suivi de la qualité des eaux souterraines). A la demande de l’ARS (Agence régionale de Santé) et la DREAL (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), des analyses complémentaires ont été réalisées de 2006 à 2007, portant sur la qualité de l’air (intérieur et extérieur) et l’exposition au risque pour les usagers des bâtiments professionnels et d’habitation situés sur la zone même.

Exploitée par la Ville de Mulhouse, l'ancienne décharge relève donc de sa responsabilité juridique. C'est la raison pour laquelle la Ville de Kingersheim n'est pas habilitée à intervenir dans la gestion des risques de pollution. Toutefois, soucieuse de la sécurité sanitaire de ses habitants, elle a pris deux arrêtés municipaux en juin 2005 et novembre en 2006, afin d'interdire strictement l'usage des eaux des puits personnels à l'arrosage des jardins et au remplissage des piscines.

Un plan d'action

A l'issue de cette série d’études dont les conclusions ont été rendues publiques en 2013, le Préfet du Haut-Rhin a fixé, par arrêté préfectoral, un plan d’actions à moyen terme, conforme aux propositions de la Ville de Mulhouse et du Coderst (Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques) :

  • mise en place d’une barrière hydraulique (création d’un système de pompage pour permettre de rendre les eaux propres à l’utilisation),
  • renforcement de la surveillance de la qualité des eaux, air et gaz des sols,
  • renforcement de l’Interprétation de l’état des milieux (réalisation de campagnes de mesures à différentes étapes),
  • confinement de surface des sols (isolation du contact avec les sols et l’inhalation des poussières),
  • création d’une Commission de suivi par la Ville de Mulhouse associant les acteurs concernés,
  • obligation d’information systématique du Préfet du Haut-Rhin.